Et puisque c'est ainsi, puisque je suis cette sale crasse du mardi midi, et qu'il y a cet insupportable qui garde mon cœur en vie, je suis bien. La vie s'écoule, un jour on s'aime bien, un jour on se déteste et c'est beau. Le temps, le temps fait tout, il faut attendre, attendre toujours, découvrir, parcourir, ne pas aimer mais détester, détester encore plus fort. Et puis il y a ce jour, ce jour où on doit se sentir fort, ce jour où on doit contenir cette belle amitié, pourquoi? Parce que certain(e)s hommes/femmes ne peuvent pas accepter deux liens hommes et femmes. Il n'en existe qu'un, il ne peut pas y en avoir deux. C'est comme ça. Alors on se ferme, on se borne, on se sent mal, retenu et on souffre. Il y aura ce jour, ce jour où l'on se reverra. Et notre compagnon va se mettre à douter, ne plus savoir, se lasser, s'en vouloir, ne plus vouloir, et on va pleurer, une minute, ou deux, deux jours ou deux semaines ou ne pas pleurer, on s'en foutra, l'autre sera là, lui, notre chaire, notre plus insupportable, toujours là, sans jalousie, sans rien. On le retrouvera, on redescendra sur terre, on ne doutera plus, on se sentira revivre, ridicule et à la fois bien. Il connait tout, les moindres gestes et humeurs, il sait déchiffrer les moindres changements, il prend du recul, ne dérange pas, attend de ressentir le besoin de l'autre. Ce besoin de parler, de transmettre alors on rira, on rira encore et toujours. On sourira, se sentira planer, vibrer, il est là, elle est là, nous sommes là. Pour toujours, pour jamais, pour hier ou pour demain. Et c'est ça qui est beau. C'est ça de l'amour, c'est ça de la joie, c'est ça la vie. A nous deux, à nous trois ou à nous quatre. Pour le respect de l'autre et pour sa liberté. Vivez les gens, vivez sans borne, sans rien qui vous bloque du monde. Ayez le courage de dire non, de rester vous, de parler, de râler, de dire. Parce que le bonheur est dans la liberté et le respect mutuel. Caroline.